Introduction :
Située entre 2°N et 6°N (cf. figure 1), la Guyane bénéficie
d’un climat de type équatorial humide. Cette position privilégiée
proche de l’équateur, ainsi que sa façade océanique,
lui confère une bonne stabilité climatique. Ainsi, on observe
une grande régularité des vents et des températures,
qui varient faiblement au cours de l’année. Seules les précipitations
connaissent des variations annuelles conséquentes, et c’est donc
principalement ce paramètre météorologique qui détermine
le rythme des saisons guyanaises. Le cycle des précipitations est
lui-même intimement lié aux mouvements saisonniers de la ZIC
ou Zone Intertropicale de Convergence.
Figure 1 : La Guyane française dans son contexte géographique.
La ZIC ou Zone Intertropicale de Convergence :
Pour résumer simplement, la Zone Intertropicale de Convergence
constitue l’équateur météorologique. En effet, si
l’on observe le schéma ci-dessous, on remarque que dans l’hémisphère
Nord, l’Anticyclone des Açores dirige des vents de Nord-Est dans
la zone équatoriale, alors que dans l’hémisphère Sud,
l’Anticyclone de Sainte-Hélène produit des vents de Sud-Est.
La rencontre de ces vents s’effectue donc au sein d’une zone dépressionnaire
appelée Zone Intertropicale de Convergence (ZIC). Au sein de cette
zone, l’atmosphère est très perturbée et on y observe
fréquemment des Cumulonimbus, nuages à haut développement
vertical, générateur d’orages et de précipitations
violentes (cf. figure 3).
Figure 2 : La Zone Intertropicale de Convergence.
Figure 3 : coupe méridienne de la Zone Intertropicale de Convergence.
La ZIC n’est pas immobile et ses déplacements suivent la position
apparente du soleil. Ainsi, avec un décalage de 6 à 12 semaines,
la Zone Intertropicale de Convergence se déplace du Nord au Sud
et du Sud au Nord, suivant les cycles astronomiques.
Ce sont donc ces mouvements, et le positionnement de la ZIC par rapport
au département, qui rythment les saisons guyanaises. On distingue
ainsi :
- une saison des pluies de la mi-novembre à fin janvier. Initialement
la ZIC se trouvait au Nord, elle entame sa descente, et passe donc une
première fois sur la Guyane.
- une petite saison sèche, appelée « le petit été
de mars » qui se produit en général entre début
février et la mi-mars. Cette saison correspond à la position
la plus Sud de la ZIC, qui se positionne au voisinage de l’équateur
géographique et parfois même dans l’hémisphère
Sud.
- une saison des pluies, de fin mars à début juillet
qui correspond à la remontée de la ZIC et qui repasse donc
une deuxième fois sur la Guyane.
- une saison sèche, de mi-juillet à mi novembre où
la ZIC se positionne au delà du 10°N et épargne donc
le département.
Les types de saisons en Guyane :
La petite saison des pluies :
Dans sa descente vers le Sud, la Zic aborde franchement la Guyane vers
la mi-décembre. Auparavant, les premiers prémices se font
sentir pendant un petit mois, où quelques franges Sud se détachent
du corps de la Zic et viennent lécher le littoral, y provoquant
des précipitations modérées, parfois fortes, mais
qui restent brèves et souvent localisées. Le passage du corps
même de la Zic sur le département se traduit avant tout par
une couverture nuageuse quasi permanente. Les pluies sont abondantes et
soutenues, même pendant les accalmies, le ciel reste souvent couvert
et la sensation de mauvais temps persiste. Durant cette saison, l’amplitude
des températures est faible, conséquence d’une insolation
minimale.
Le petit été de mars :
Cette petite saison sèche constitue une trêve des précipitations
sur le département : en effet, la Zone Intertropicale de Convergence
se positionne au voisinage de l’équateur et parfois même dans
l’hémisphère Sud. Le département bénéficie
alors d’un alizé de Nord-Est, issu d’un anticyclone des Açores
puissant, ou repoussé au Sud par les dépressions hivernales
qui circulent sur l’Atlantique Nord. Ce régime d’alizé se
traduit par un ciel en général ensoleillé, quelques
averses se produisent principalement en fin de nuit sur la bande côtière
et le proche intérieur, et plutôt l’après-midi et en
début de soirée dans l’intérieur.
La saison des pluies :
Dès la fin du mois de mars, la Zic remonte vers ses quartiers
Nord. Ce déplacement n’est hélas pas régulier et les
caprices de la Zic au cours de cette remontée sont souvent imprévisibles.
Ainsi, au gré des mouvements et du renforcement des anticyclones
de l’Atlantique, la Zic ondule à proximité du département,
s’y installant fréquemment. Les précipitations sont alors
fréquentes et copieuses dans un ciel très sombre. Ces périodes
alternent avec des accalmies de quelques jours, lorsqu’un soubresaut de
la zone l’éloigne temporairement du département. Dans ces
conditions, le temps devient variable et les timides éclaircies
alternent avec des averses brèves mais souvent intenses.
La saison sèche :
Dès le mois de juillet, la Zic est en perte d’activité
sur le département : même si elle y effectue toujours quelques
incursions, ces dernières sont moins virulentes. Durant cette phase
de transition, le ciel guyanais retrouve de franches périodes ensoleillées,
qui constituent cependant un élément moteur pour les averses
orageuses de l’après-midi. La période vraiment sèche
s’établit de la mi-août à fin octobre, la Zic est ainsi
repoussée au delà du 10ème parallèle Nord,
voire parfois inexistante sur l’Atlantique ; un alizé de Sud-Est
sec et stable s’installe alors sur le département. Les journées
sont donc bien ensoleillées, seules quelques averses, parfois orageuses,
se développent l’après-midi dans l’intérieur. C’est
l’époque des cyclones sur l’arc Antillais, qui peuvent parfois générer,
à plusieurs milliers de kilomètres de distance, des lignes
d’instabilité, provoquant l’espace de quelques heures, de fortes
averses orageuses sur la Guyane.
Variabilité interannuelle :
Le rythme des saisons, décrit ci-dessus, est toutefois soumis
à une grande variabilité interannuelle : en effet d’une année
sur l’autre, le début et la fin des saisons ne se produisent jamais
rigoureusement aux mêmes dates et peuvent parfois différer
de plusieurs semaines. Cette disparité des échéances,
ainsi que la puissance même des saisons, sont bien souvent la conséquence
de phénomènes climatiques complexes, que les scientifiques
continuent de rechercher et d’étudier. Ainsi, il a été
mis en évidence que, dans la ceinture tropicale – et donc particulièrement
en Guyane – , le climat était lié à un phénomène
océanique du Pacifique Sud : le célèbre El Niño
et sa petite sœur La Niña. Pour résumer grossièrement,
on peut écrire que lorsqu’il existe un phénomène El
Niño, le climat guyanais est plus sec et plus chaud, alors que La
Niña entraîne plutôt une aggravation des précipitations
accompagnée de températures plus fraîches.
Malheureusement, l’état actuel des connaissances face à
la grande complexité de la machine Atmosphère ne permet pas
encore d’appréhender l’ensemble des phénomènes qui
s’y déroulent, et cela restera toujours une des motivations principales
des météorologistes de percer un jour tous les secrets du
climat de notre planète.
La Guyane située entre 2° et 6° de latitude Nord est
soumise à un climat de type équatorial. Son climat est déterminé
en grande partie par la position de la Zone Intertropicale de Convergence
et l’influence des vents alizés
LA ZONE INTERTROPICALE DE CONVERGENCE
La convergence des flux d’alizés générés
par les anticyclones des Açores et de St Hélène et
le conflit qui en résulte, ont pour conséquence la création
et l’entretien quasi permanent de la Zone Intertropicale de Convergence
(Z .I .C). Cette zone de convergence est constituée de nombreuses
cellules convectives, génératrices de fortes précipitations.
La ZIC est animée d’un mouvement oscillatoire, Nord/Sud,
lié au basculement saisonnier de la terre. Elle survole la Guyane
deux fois par an durant des périodes plus ou moins longues. Ces
mouvements de la ZIC déterminent au niveau de la Guyane un cycle
saisonnier de quatre périodes inégales. Ainsi on considère
en Guyane que l’année est divisée en quatre saisons réparties
comme suit.
LE CYCLE DES SAISONS.
La petite saison des pluies.
De la mi novembre à mi février, la ZIC s’achemine
vers le Sud. Elle aborde les côtes de la Guyane vers la mi-décembre
, les premiers prémices se font sentir dès Novembre, où
quelques franges Sud viennent lécher la région côtière,
provoquant çà et là quelques précipitations
modérées à fortes mais relativement localisées
et en général de courte durée. Le passage de la ZIC
proprement dit, se situe courant janvier. Cette période relativement
pluvieuse est caractérisée par un ciel chargé avec
des précipitations abondantes et soutenues. Ce passage durera jusqu’à
février avec une diminution notable des précipitations.
Le petit été de Mars.
Durant cette période la ZIC atteint sa position extrême
sud (entre 01° Sud et 2° Nord), où elle stationnera quelques
semaines avant de reprendre son retour vers le Nord. Cette époque
de l’année correspond pour la Guyane à une accalmie des précipitations.
Soumise aux alizés de Nord-Est, la Guyane reçoit un air maritime
humide en provenance de l’océan Atlantique, provoquant quelques
développements nuageux locaux et souvent générateurs
de pluies nocturnes, surtout en fin de nuit. Les journées sont souvent
ensoleillées.
La saison des pluies.
Dès le mois d’avril, la ZIC effectue sa lente remontée
vers le nord en abordant la Guyane par le sud. Cette remontée s’effectuera
durant le mois de mai voire jusqu’à mi-juin, en arrosant copieusement
la Guyane au gré de ses ondulations et de son activité. La
« remontée » de la ZIC est en général
plus lente et son activité, liée à la position des
deux anticyclones antagonistes de l’atlantique, peut être très
variable. C’est en août que la ZIC se situe vers le 10ème
Nord. Les perturbations liées à cette zone ne concernent
plus la Guyane, seuls des développements nuageux locaux à
caractère orageux provoquent des pluies éparses modérées
parfois fortes.
La saison sèche.
Bien établie de mi-Août à mi-Novembre, la ZIC étant
rejetée au Nord. La Guyane reçoit un air plus sec en provenance
du Sud Est, le beau temps s’installe sur le pays. A noter que durant cette
période si les pluies sont plus rares, elle ne sont pas inexistantes
et peuvent être fortes surtout dans l’intérieur, mais elles
ont lieu en général en fin de nuit, voire tôt le matin.
Aussi, durant cette période une journée sans soleil est très
rare.
QUELQUES PARAMETRES CARACTERISTIQUES DU CLIMAT
Les températures.
Les températures moyennes sont de l’ordre de 26° tout au long de l’année, on enregistre toutefois quelques minima de 16° à 18°, le matin sur l’intérieur du pays et des maxima de 34° à 36° en début après midi, surtout en période sèche.
L’humidité.
L’humidité relative moyenne est élevée, entre 80 et 90%, selon la saison. En saison humide l’amplitude quotidienne moyenne s’établit entre 98 et 75 %, avec un gradient pouvant atteindre les 15 % par heure, dès l’apparition du soleil. En saison sèche cependant on enregistre des minima de l’ordre de 50% en début d’après midi, et 100% quasiment chaque matin vers 6 heures.
Précipitations
Elles varient entre 1700 millimètres par an dans le Nord-Ouest et 3800 millimètres dans la région de Régina-Cacao. La pluviométrie annuelle est de 3000 millimètres en moyenne sur la bande côtière de Kourou à Cayenne, alors qu’elle atteint 2500 millimètres sur les régions de l’intérieur. Les pluies sont en général fortes et de courte durée, elles ont lieu souvent la nuit. Ci-contre histogramme de la pluviométrie normale (moyenne sur 30 ans).
L’insolation.
La durée du jour est quasiment invariante tout au long de l’année.
le soleil passe deux fois au zénith, en mars et septembre. Malgré
une pluviométrie importante, la Guyane dispose d’un ensoleillement
important, avec en moyenne 2200 heures d’insolation annuelle, les maxima
étant situés sur la bande côtière.
Le Vent.
Soumise au régime permanent des alizés, la Guyane est régulièrement ventilée par des flux de Nord-Est en saison des pluies et Sud-Est en saison sèche. Ces vents sont faibles à modérés, on enregistre parfois quelques rafales sous les grains, le vent maximal enregistré ne dépasse pas les 80 Km/h.
En Conclusion, si la climat de la Guyane est relativement pluvieux, il revêt malgré tout un caractère agréable en ce qui concerne sa régularité. Cette pluviométrie importante est souvent constituée de fortes et brèves averses, ceci confère à cette région un ensoleillement agréable. L’ ensoleillement est remarquable également par son intensité, l’énergie reçue au sol pouvant atteindre quelques 7 KWh/m²/jour. Toutefois l’humidité relative est forte et quasiment constante, sauf en saison sèche. Cet air humide, s’il est bénéfique à la végétation luxuriante, ne l’est pas forcément pour l’homme et encore moins pour les matériels.